"Partition sur la toit"
Une bien belle histoire !!!
Le dimanche 18 novembre 1990, l'Orchestre d'Harmonie de Beauvais, au cours de son Grand concert d'Automne,
au Théâtre de Beauvais, consacrait la majeure partie de son programme à l'exécution de "la Beauvaisienne
d'Adolphe GAMPART". Bien belle histoire que la partition sur le toit ; permettez moi de vous la raconter.
Au cours de l'été 1989, un couvreur procédant à la réfection de la toiture d'une grange face à l'Église
de Thieuloy-St-Antoine dans l'Oise, trouvait en guise de tuile, une plaque de plomb d'imprimerie, dont la
gravure révèle une partition musicale de tambour, intitulée 'La Beauvaisienne" d'Adolphe GAMPART.
Pour quelle raison cette "ardoise" a été placée parmi les autres ardoises sur le toit de cette grange ? Le
mystère reste toujours complet.
Le propriétaire de la grange, ayant remis la "tuile" au Conservateur du Musée Départementale, ce dernier
alerte à son tour le regretté Robert DUFORESTEL alors professeur de musique honoraire, musicologue fort
connu, ancien musicien de l'O.H.B. et passionné de musique locale, afin de tenter d'éclaircir ce mystère.
Robert DUFORESTEL, après une véritable enquête policière, très longue et minutieuse, parvient peu à peu à
dénouer quelques fils de l'étrange histoire entourant l'ardoise.
Robert DUFORESTEL apprend ainsi qu'Adolphe GAMBART est né le 30 juillet 1844. Boucher de profession, il fut
Directeur de la Musique Municipale de GRANVILLERS vers 1895, il habita ROYE quelques années plus tard.
Une autre de ses oeuvres s'appelle "EQUIENNES", nom d'un petit village de la Somme...
Le Directeur de la Bibliothèque Nationale à Paris, sollicité à son tour, trouve et envoie à Robert DUFORESTEL
la partition complète de la Beauvaisienne (le conducteur et une vingtaine de parties instrumentales)
Fantaisie d'Adolphe GAMBART, pour Orchestre d'Harmonie. L'édition date de 1895 et l'impression est due à
l'Imprimerie Revel, 18, Fg St-Denis à Paris.
La Beauvaisienne a-t-elle été jouée à son époque ? Nul ne le sait. Très peu ou pas du tout. Certains
avance l'hypothèse suivante : selon la légende, le compositeur, étant peu joué, couvrait les toits de ces
oeuvres musicale, en espérant que Dieu leur ferait meilleur accueil que les hommes.
Une chose est certaine, le dimanche 18 novembre 1990, la Beauvaisienne fut jouée d'une belle manière par les
musiciennes et musiciens de l'O.H.B., si l'on se rappelle les applaudissements d'un public délirant dans un
Théâtre trop petit.
Maintenant, à chacun de nos concerts, notre public nous réclame les échos de cette Beauvaisienne, avec ses
mouvements lents, voire majestueux, ses solos de basses et de trombones, son duo de piston et de bugle,
la langoureuse valse lente et sa conclusion brillante et nerveuse des clarinettes, saxophones, flûtes,
hautbois ; elle nous laisse un bien beau et émouvant souvenir.
Michel GAMBLIN
Président de l'O.H.B.